Anthologie de la poésie Malienne

A la parution de l’Anthologie de la poésie malienne (La Sahélienne, 2013), le dramaturge Gaoussou Diawara, décédé en septembre 2018, a écrit ce texte à la demande de l’éditeur et auteur de l’ouvrage, Ismaïla Samba Traoré. D’un commun accord, le texte avait été conservé afin que sa parution coïncide avec le Festival international de poésie du Mali (FESTIPO), dont l’annonce a eu lieu le 15 décembre 2019. Selon M. Traoré, le FESTIPO pourrait être lancé du 17 au 20 janvier 2020 sur des sites de Bamako à Tombouctou.L’Anthologie de la poésie malienne, parue en 2013 aux Éditions La Sahélienne,  est la toute première dans son genre. L’ouvrage de 184 pages est dirigé et présenté par l’écrivain et le poète Ismaila Samba Traoré avec la préface assez outillée du professeur Oumar Kanouté, homme de lettres et leader politique qui le fixe dans son contexte.

Cet ouvrage vient à point nommé car aujourd’hui plus que jamais, la poésie a sa place au Mali. Parce qu’elle est facteur de cohésion sociale et de partage des diversités culturelles. En ces temps de crises, la poésie permet à l’homme de se retrouver. Elle apaise les cœurs, apporte la joie de vivre, incite à l’humanisation, favorise la paix  et permet d’aller à la rencontre de l’Autre. La poésie éduque, elle permet de connaître sa propre culture et celle des autres. Elle contribue à la promotion des valeurs identitaires et de l’interculturalité.

Autant de raisons pour saluer l’édition de ce précieux ouvrage et du Festival international de poésie en perspective.

Au Mali la tradition de la lecture le cède à l’oralité. La poésie est dite, à l’instar des maîtres de la parole, les dyali (« griots ») qui constituent la synovie de l’entente sociale. Je ne peux résister au plaisir de comparer cette anthologie à une vieille roulotte qui a mis plus de cinquante ans à atteindre sa destination.

Anthologie fédérale

En effet, depuis le 17 janvier 1959, avec le regroupement du Sénégal et du Soudan au sein de la Fédération du Mali, avec Modibo Keita comme chef  du gouvernement et Léopold Sédar Senghor comme président, un projet d’anthologie fédérale fut conçu par Senghor impressionné par la puissance du verbe de notre espace géographique commun. Le chantre de la négritude, lors d’une de ses visites officielles à Bamako, en formulera le désir au Président Modibo Keita, qui chargera le doyen des poètes Mamadou Gologo du  projet. L’initiative démarra avec Siriman Cissoko, enseignant, et de Matié Traoré, agent technique des Postes et Communication, Siguino Sanogo, agent d’agriculture, Sian Samaké de la subdivision de Bamako.

L’éclatement de la Fédération du Mali aura raison du projet. Mais, une quinzaine d’années plus tard, Abdoulaye Ascofaré publie son premier recueil Domestiquer le rêve  dont la fraîcheur du langage donne soif à lire les poètes de sa génération. Il décide de travailler au montage d’une anthologie mais le projet sera en butte à de nombreuses difficultés.

Par leur facture, les poèmes de l’anthologie d’Ismaila Samba Traoré sont comparables à des fruits naturels, mûris à l’arbre, sans précipitation. Nourris de soleil et de pluie, ils ont pris le temps qu’il faut à l’idée pour germer, s’enraciner et devenir une idée  force. Voilà pourquoi l’idée du Président Senghor voulait que cet ouvrage épousât l’art de dire des dyali de chez nous. Eux qui savent déclamer les hauts faits marquant la vie de la communauté, ses espérances, ses angoisses et ses tristesses. Régulateur social, démiurge, orfèvre du verbe, ces maîtres de la sémantique sont à la fois craints et adulés de tous.

Patrimoine littéraire

Le poète de cette anthologie est un chantre qui dit, qui se dit, qui s’écrit, qui se décrit, qui dit l’Autre et ses relations au monde. Le poète de cet ouvrage a un sens poussé de la sonorité dans le mot, du rythme dans le vers, de l’hermétisme voulu dans l’image. Un don qui fait de certains poètes et poétesses d’excellents paroliers ou chansonniers, parce qu’ouverts à la musique dans les compositions des vers, dans les jets et rejets.

Je suis particulièrement fier du travail abattu par mon ancien étudiant Ismaïla Samba Traoré. Il a travaillé sur cette mosaïque poétique pendant deux ans et il a réussi le pari d’aligner les œuvres de trente-huit poètes de différentes générations. Il ne serait pas exagéré de dire que le poète, chercheur et éditeur qu’il est, a offert à notre pays un patrimoine littéraire avec lequel il va falloir compter.

A la parution de l’Anthologie de la poésie malienne (La Sahélienne, 2013), le dramaturge Gaoussou Diawara, décédé en septembre 2018, a écrit ce texte à la demande de l’éditeur et auteur de l’ouvrage, Ismaïla Samba Traoré. D’un commun accord, le texte avait été conservé afin que sa parution coïncide avec le Festival international de poésie du Mali (FESTIPO), dont l’annonce a eu lieu le 15 décembre 2019. Selon M. Traoré, le FESTIPO pourrait être lancé du 17 au 20 janvier 2020 sur des sites de Bamako à Tombouctou.

L’Anthologie de la poésie malienne, parue en 2013 aux Éditions La Sahélienne, est la toute première dans son genre. L’ouvrage de 184 pages est dirigé et présenté par l’écrivain et le poète Ismaila Samba Traoré avec la préface assez outillée du professeur Oumar Kanouté, homme de lettres et leader politique qui le fixe dans son contexte.

Cet ouvrage vient à point nommé car aujourd’hui plus que jamais, la poésie a sa place au Mali. Parce qu’elle est facteur de cohésion sociale et de partage des diversités culturelles. En ces temps de crises, la poésie permet à l’homme de se retrouver. Elle apaise les cœurs, apporte la joie de vivre, incite à l’humanisation, favorise la paix et permet d’aller à la rencontre de l’Autre. La poésie éduque, elle permet de connaître sa propre culture et celle des autres. Elle contribue à la promotion des valeurs identitaires et de l’interculturalité.

Autant de raisons pour saluer l’édition de ce précieux ouvrage et du Festival international de poésie en perspective.

Au Mali la tradition de la lecture le cède à l’oralité. La poésie est dite, à l’instar des maîtres de la parole, les dyali (« griots ») qui constituent la synovie de l’entente sociale. Je ne peux résister au plaisir de comparer cette anthologie à une vieille roulotte qui a mis plus de cinquante ans à atteindre sa destination.

Anthologie fédérale

En effet, depuis le 17 janvier 1959, avec le regroupement du Sénégal et du Soudan au sein de la Fédération du Mali, avec Modibo Keita comme chef du gouvernement et Léopold Sédar Senghor comme président, un projet d’anthologie fédérale fut conçu par Senghor impressionné par la puissance du verbe de notre espace géographique commun. Le chantre de la négritude, lors d’une de ses visites officielles à Bamako, en formulera le désir au Président Modibo Keita, qui chargera le doyen des poètes Mamadou Gologo du projet. L’initiative démarra avec Siriman Cissoko, enseignant, et de Matié Traoré, agent technique des Postes et Communication, Siguino Sanogo, agent d’agriculture, Sian Samaké de la subdivision de Bamako.

L’éclatement de la Fédération du Mali aura raison du projet. Mais, une quinzaine d’années plus tard, Abdoulaye Ascofaré publie son premier recueil Domestiquer le rêve dont la fraîcheur du langage donne soif à lire les poètes de sa génération. Il décide de travailler au montage d’une anthologie mais le projet sera en butte à de nombreuses difficultés.

Par leur facture, les poèmes de l’anthologie d’Ismaila Samba Traoré sont comparables à des fruits naturels, mûris à l’arbre, sans précipitation. Nourris de soleil et de pluie, ils ont pris le temps qu’il faut à l’idée pour germer, s’enraciner et devenir une idée force. Voilà pourquoi l’idée du Président Senghor voulait que cet ouvrage épousât l’art de dire des dyali de chez nous. Eux qui savent déclamer les hauts faits marquant la vie de la communauté, ses espérances, ses angoisses et ses tristesses. Régulateur social, démiurge, orfèvre du verbe, ces maîtres de la sémantique sont à la fois craints et adulés de tous.

Patrimoine littéraire

Le poète de cette anthologie est un chantre qui dit, qui se dit, qui s’écrit, qui se décrit, qui dit l’Autre et ses relations au monde. Le poète de cet ouvrage a un sens poussé de la sonorité dans le mot, du rythme dans le vers, de l’hermétisme voulu dans l’image. Un don qui fait de certains poètes et poétesses d’excellents paroliers ou chansonniers, parce qu’ouverts à la musique dans les compositions des vers, dans les jets et rejets.

Je suis particulièrement fier du travail abattu par mon ancien étudiant Ismaïla Samba Traoré. Il a travaillé sur cette mosaïque poétique pendant deux ans et il a réussi le pari d’aligner les œuvres de trente-huit poètes de différentes générations. Il ne serait pas exagéré de dire que le poète, chercheur et éditeur qu’il est, a offert à notre pays un patrimoine littéraire avec lequel il va falloir compter.

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