PEN MALI: Atelier préparatoire du Colloque International des Écrivains, Journalistes et Communicateurs traditionnels

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PEN MALI: Atelier préparatoire du Colloque International des Ecrivains, Journalistes et Communicateurs traditionnels

Du 19 au 21 septembre, le centre Djoliba de Bamako a abrité l’atelier préparatoire du colloque international des écrivains, journalistes, communicateurs traditionnels. Organisé par PEN Mali et Malivaleurs, cet atelier de trois jours (lundi, mardi, mercredi) s’inscrit dans un contexte  préparatoire en vue de l’organisation de la  prochaine grande rencontre qui est prévue pour les 29,30 novembre et 1er, 2 décembre 2016 ayant comme thème « La montée des extrémisme violent  comme menace sur l’Etat, la Cohésion sociale les droits et libertés. »

Ainsi, cette phase préparatoire a été riche en débats. Elle a regroupé des écrivains, journalistes, professeurs d’université, représentants des réseaux de droits de l’Homme.  Les réflexions qui ont été menées traduisent le contenu du thème « Regards croisés entre chartes précoloniales (kurukanfuga/ Dina du Macina) et constitutions. Des énoncés précoloniaux en matière de droits et libertés ? »                                La culture malienne était à l’honneur. Les valeurs traditionnelles relatives à l’organisation sociale politique et constitutionnelle telles que les anciennes chartes nous les présentent ont été développées.     En effet il s’agit,  comme l’a souligné Maitre  Amadou Thiéoulé Diarra, commissaire scientifique de l’atelier  « d’exiger l’intégration de certains textes des chartes précoloniales dans notre constitution, la relecture des anciens manuscrits,  de saisir à partir de cette relecture les textes qui promeuvent les libertés et droits fondamentaux , de pallier à la montée de l’extrémisme religieux. »

PEN MALIPar ailleurs, le ministre de la Justice, des Droits de l’homme et Garde des sceaux, a évoqué les difficultés liées à l’application des lois dans notre pays, tout en déplorant que celles-ci soient importées et imposées à un peuple qui n’a aucune idée des contenus. Il a stipulé qu’une meilleure compréhension de la constitution par le peuple, nécessite un retour aux chartes anciennes. Ce discours a été suivi par une série d’exposés  et de débats qui ont successivement amené au présidium les différents panelistes. Ainsi, Professeur Bakary Camara, doyen de la faculté de droit public, a fait l’entrée en matière. Son intervention était centrée sur la définition et l’explication des concepts de droits et libertés, d’établir  le lien et la différence entre les libertés publiques et droits humains. Ces deux concepts ont émaillé tout le débat. Dr Fodé Moussa Sidibé, écrivain et chercheur, a dévoilé,  dans son exposé sur la charte de Kurukanfuga, la place importante  des droits et libertés dans la société traditionnelle. Cette charte qui date du XIIIe siècle est, selon lui, la première déclaration des droits de l’Homme. « Elle a aboli l’esclavage, la traite et a garanti l’égalité et  les libertés  individuelles », a-t-il dit. Elle peut ainsi servir de référence à notre constitution actuelle, qui a du mal à s’adapter à nos réalités. Outre les chartes, l’islam et les religions africaines étaient au rendez-vous. Salem Ould Elhaj et Boubacar Ba (tous écrivains) ont présenté l’image  d’un islam modéré  en s’inspirant des anciens manuscrits, en l’occurrence ceux de Tombouctou et Djenné, et  de la Dina, dans lesquels le respect des droits humains était une exigence. Quant aux religions africaines, elles avaient pour défenseur Fakoli Doumbi qui a dressé un constat dramatique des religions africaines. Pour lui, la substitution des religions africaines par celles étrangères, signifie la perte de l’identité africaine.    En marge de ces exposés, d’autres thématiques ont été développées par les intervenants comme entre autres  Hamidou Magassa (écrivain, éditeur), maître Cheick Omar Konaré, maître Amadou Tiéoulé Diarra, Zéidane Ag Sida Lamine (écrivain). Ils ont touché à un nombre de domaines : La gouvernance, la presse, l’éducation, l’Etat.   Image Atelier PEN MALI                                                                                                                                  L’atelier a été clôturé par un café littéraire des écrivains de Tombouctou et une introduction en plénière. Ismaila Samba Traoré, président de PEN MALI, est revenu sur le prochain colloque qui est prévu pour le mois d’octobre.

Bacaï Yalcouyé

cliquer pour s’informer d’avantage sur l’atelier préparatoire tenu les 19 au 21 septembre 2016

L’Atelier c’est tenu avec le soutien financier de la Présidence de la République du Mali et de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour la préparation du colloque prévu les 29,30 novembre au 1er, 2 décembre 2016

MOUVEMENT MALIVALEURS « Transcrire la mémoire »

Citation

malivaleurs-entete.jpgRapport narratif du Programme « Transcrire la mémoire »

Activités 2012

L’année 2012 a débuté avec la mobilisation de nos collectifs de chercheurs et écrivains en vue de documenter le mandat d’ATT sous un angle critique (projet de livre sur les cent derniers jours du mandat d’ATT). Le coup d’Etat du 22 mars nous a conduits à élargir la démarche afin de documenter la crise dans laquelle le Mali était en train de s’installer. Le Mouvement Malivaleurs s’est dès lors structuré pour être sur un maximum de fronts.

Un manifeste des écrivains et intellectuels a été publiée le 4 mai 2012 pour dénoncer les dégradations de patrimoine culturel à Tombouctou et se porter partie civile contre les groupes armés (voir sur  www.editionslasahelienne.net  www.malivaleurs.net, reportages de l’ORTM, de France 24 et autres chaînes internationales)

Pour le conduire nous avons mis en place le Collectif Parties Civiles.

Au chapitre des écrits et débats, nous avons monté l’opération Transcrire la mémoire et publié plusieurs ouvrages dans la collection Regards sur une crise (voir sur www.editionslasahelienne.net). Ces publications ont été suivies par de nombreux forums auxquels nos auteurs ont participé : Bamako, Ségou, Mopti, Kati, Saint Louis du Sénégal, Dakar, Abidjan, Nouakchott, Brazzaville, Paris, Marseille, Bruxelles, Genève, Lyon.

Un important programme jeunesse

Des Centres aérés ont été mis en place entre juillet et septembre 2012, avec des activités de rencontres entre jeunes déplacés/jeunes des sites d’accueil, voyages de groupes, ateliers, résidences, prise de parole et interpellations publiques.

Les collectifs Enfance Heureuse et Nouvelles générations ont été mis en place, à la faveur des activités.

Une Charte des nouvelles générations est née de ces débats et a été présentée au Premier ministre de l’époque, au ministre de l’Education et à l’opinion, via les média et forums du Mouvement Malivaleurs.

Plus de trois cent jeunes ont participé à ces voyages de groupe et résidences à Bamako, Kati, Ségou, Markala, Siby. Les prospections réalisées dans les camps de réfugiés au Burkina ont conclu à la nécessité de surseoir aux rencontres dans ces sites.

Des manuscrits sont issus des ateliers et portent sur le ressenti des jeunes participants face à la guerre et la crise (en attente de publication).

Neuf collectifs nés en 2012/2013 sont venus renforcer Malivaleurs:

  1. – PEN International Mali présidé par Ismaila Samba Traoré,
  2. – La ligue des écrivains du Mali présidée par Doumbi Fakoly,
  3. – le collectif des historiens et hommes de culture, coordonné par Chirfi Moulaye et placé sous l’autorité morale du Pr Bakari Kamian
  4. – le collectif Enfance Heureuse présidé par Bintou Sanogo
  5. – le collectif Nouvelles Générations présidé par Aïcha Diarra
  6. – le collectif Faire connaissance avec…piloté par Mariam Koné vise à tourner l’esprit et le cœur des jeunes vers une culture de la paix, du dialogue/réconciliation, de la citoyenneté et du modèle vertueux.
  7. – le Collectif Parties Civiles, en veilleuse
  8. – le collectif Poètes sans frontières présidé par Hamidou Berthé
  9. – le collectif Maison de la poésie du Mali présidé par Coumba Kéïta et Aïcha Diarra.

  Bibliothèque Rabia et Fodé Ousmane/Espace de dialogue.

Notre bibliothèque d’appui à la lecture et son espace de dialogue de Bako Djikoroni ACI ont vu le jour. Ils sont connus maintenant du public et des médias grâce à une impressionnante médiatisation nationale et internationale. L’espace Rabia et Fodé Ousmane a accueilli neuf (9) rencontres sur le thème de la crise, de la diversité culturelle, du dialogue et de la paix sociale.

Des concertations ont eu lieu en milieu rural

  • Rencontre à Tèguè Koro autour de Greg Polk, Fodé Kéïta, Modibo Traoré, Dr Diakité, médecin chef du lieu pour le montage des « sigi ka kouma » au village
  • Deux Rencontres à Balandougou dans le Mandén autour du chef de village Fafrén Kéïta, ses conseillers, les représentants des jeunes, afin de monter le schéma des « villages d’inviolabilité » (dossier sur demande).
  • Institut rural Nakamissa à Balandougou dans le Manden

Il s’agit d’un espace de formation et d’hébergement pour accueillir les formations en médiation et résolution des conflits. L’institut fonctionne comme centre d’écoute des personnes en détresse psychologique et atelier-résidence pour les nouveaux leaders communautaires. Il va structurer et diffuser le schéma des « villages d’inviolabilité ».

Séminaires jeunesse et reprofilage du programme jeunesse

  • Rencontre à Ségou et mise sur pied de Groupes de réflexion
  • 3 rencontres à l’espace de dialogue Rabia et Fodé Ousmane autour des thèmes suivants :
  • Comment lutter contre la démotivation des jeunes
  • Comment agir pour impacter les élections à venir et relever le taux de participation
  • Restitution de la méthode d’évaluation de DOEN (cf : Atelier Claudia Fontès/Ismaila Samba Traoré et partenaires de DOEN)

Le Mouvement Malivaleurs a bénéficié du soutien de l’Ambassade des Pays Bas, de DOEN, de l’Ambassade de France, du Mouvement Malivaleurs, de La Sahélienne, du collectif Les amis de Greg.

 

Bamako, le 1ér Juin 2013

Ismaila Samba Traoré